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16 avril 2011

CDEN du 12/04/2011

16 avril 2011
Déclaration préalable de la FSU

Ce CDEN se déroule dans des circonstances particulières en raison de l’ampleur prise cette année dans l’enseignement public en Allier par la mise en application du principe de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite.

Ce principe politique, élevé au rang d’un dogme, s’avère éminemment contraire à l’intérêt général et au bon exercice des missions du service public d’éducation.

Cette situation réduit les marges de discussion possibles dans une instance comme celle-ci. C’est pourquoi nous ne nous sommes pas restreints dans la présente déclaration : elle contient l’essentiel de ce que notre organisation a à dire dans ce contexte national et local.

Dans le premier degré, une baisse d’effectif de 282 élèves était envisagée, l’an dernier en février, alors que la baisse a été finalement de 170 élèves et de 4 postes à rendre ; cette année il est actuellement envisagé de rendre 32 postes pour 250 élèves en moins. Si la proportion était gardée, nous n’aurions que 8 postes à rendre…

Malheureusement nous nous orientons au contraire vers la saignée la plus importante infligée à l’école primaire publique dans notre département depuis 1992. Le choix le plus raisonnable serait de stopper maintenant ce déclin qui conduit à une fragilisation profonde de l’école publique.

Signalons que le Centre d’analyse stratégique vient de remettre au premier ministre une note de synthèse qui confirme que l’école primaire fait bien figure de parent pauvre de l’Etat. La France se retrouve ainsi, et cela n’a pas toujours été le cas, au dernier rang (le 34°) des pays de l’OCDE pour le taux d’encadrement des élèves. Pour atteindre le niveau moyen d’encadrement de ces mêmes pays, il faudrait créer 37000 postes d’enseignants dans les écoles françaises.

L’on nous présente régulièrement notre département comme mieux doté que d’autres - au regard d’une certaine « équité » (entre guillemets). Soyons clairs : le fait que le rapport Profs/Elèves dans le premier degré dit « P/E » soit au 12° rang national dans l’Allier, ne constitue certainement pas une atteinte à l’égalité républicaine, mais résulte de la prise en compte relative, parfaitement républicaine quant à elle, de la structure géographique et démographique spécifique de notre département ainsi que des luttes de résistance aux politiques menées sur la longue durée.

Il existe pourtant déjà dans notre département des écoles maternelles à plus de 25 élèves par classes. Après fermeture, cela signifie des effectifs encore plus gros, cumulés avec l’accueil d’enfants d’âges différents dans une même classe.

C’est aussi une remise en cause récurrente de la scolarisation des enfants de moins de trois ans alors même que plusieurs signaux indiquent actuellement une remontée de l’expression de la demande sociale en ce domaine.

Les suppressions de postes accompagnent le recul du recrutement, l’abandon de la formation qu’elle soit initiale ou continue et l’aide pédagogique laissant de plus en plus seuls les enseignants face aux difficultés dans leurs classes. Dans les écoles, elles réduisent la qualité de l’accueil des élèves (accueil des plus petits et aides aux enfants en difficulté) et sapent la qualité du travail des enseignants.
C’est le cas sur la commune de Gannat (maternelle le Malcourlet) où l’accueil des plus petits est fortement remis en cause plus généralement sur la commune. A Bezenet aussi cet accueil sera réduit. Les effets de la qualité de l’enseignement sur le secteur de Bourbon l’Archambault pourra-t’il perdurer ? Il n’y a pas de justification économique qui tienne pour réduire la qualité de l’accueil de la maternelle de Désertines. Et la fermeture à l’école Rives d’Allier de Moulins remet en cause l’idée qu’on pouvait se faire de l’éducation prioritaire.

Il y a également d’autres situations tendues qui nécessiteraient des moyens humains supplémentaires compte tenu des situations (cours multiples, enfants en difficulté scolaire, classes chargées et parfois les trois, déséquilibres dans les répartitions des classes d’âge) : c’est le cas de la CLIS à Varennes sur Allier, l’école Pierre Coulon située en Éducation Prioritaire sur Vichy, les écoles élémentaires de Beaulon ou de Saint Yorre. de Trevol mais elles ne sont pas les seules.
D’autres situations sont également tendues au regard de la prévision des efffectifs recensés par l’Inspection Académique : Abrest, Bizeneuille, Charmeil, Chemilly, Contigny, Cosne d’Allier maternelle, Cressanges, Cusset maternelle les Darcins, Cusset maternelle Jean Zay, Diou, Domérat (Marcel Pagnol), Echassières, Gannat (école maternelles du Champ de foire et Eugène Bannier), Givarlais (maternelle), Lapalisse (école maternelle Arc en Ciel), Le Mayet d’école, Le Vernet, Louchy-Montfand, Louroux de Bouble, Lusigny (école élémentaire), Magnet, Montluçon (Balzac), Moulins (F Truffaut Jeu de Paume), Neuilly en Donjon (maternelle), Paray le Frésil, Paray sous Briaille, Saint Félix (maternelle), Saint Germain des fossés (école maternelle Suzanne Terret), Saint Hilaire, Saint Pont, Saint Pourçain (maternelle Camille Claudel), Saint Rémy en Rollat (maternelle), Thiel sur Acolin (Le Marronnier), Vendat (école maternelle), Vichy (Sévigné Lafaye, maternelle Chateaudun) , Viplaix et Yzeure (Les Cladets).

Une manière de faire rétrograder ce « P/E n°12 » serait de pousser les communautés de communes à prendre la compétence scolaire, de pousser les différents RPI déconcentrés à se regrouper sur le bourg-centre, voire de concentrer les maternelles sur ces seuls centres, autrement dit de les éliminer ailleurs. Réforme territoriale et atteintes à l’école publique et à l’existence des communes vont naturellement de pair. Pourtant, est-il si moderne aujourd’hui de considérer que l’habitat rural et rurbain dispersé, facteur qualitatif de notre département, serait, à l’âge des technologies de l’information si vantées par ailleurs, un signe d’arriération ?

Lors du précédent CDEN, nous avions exprimé notre mécontentement suite à la réforme de la formation initiale des enseignants. Une étude récente vient confirmer ces craintes : 8 Professeurs d’Ecole Stagiaires sur 10 jugent leur préparation au métier insuffisante.
Le 19 janvier dernier le président de la République lui-même reconnaissait qu’il fallait remettre « sur le chantier les éléments de formation ». A ce jour, l’aveu présidentiel n’a pourtant été suivi d’aucun effet : ni concertation, ni proposition, pas le moindre signe d’ouverture. Même le bilan de l’année de stagiaire promis par le ministère n’est toujours pas finalisé. L’école ne peut attendre plus longtemps. Le tsunami en ce domaine est passé. Il faut maintenant investir dans la reconstruction d’une véritable formation professionnelle des enseignants

A ce tableau il convient d’ajouter l’arrêt du recrutement des EVS, dont nous dénonçons les conditions d’emplois, la précarité dans laquelle ils sont maintenus sur des CDD à temps partiel, les salaires de misère qui leur sont proposés, la quasi absence de formation pour sortir de cette situation ; alors qu’il faudrait créer des postes de fonctionnaires puisque les missions existent.

La répartition des 250 millions d’euros en faveur de l’emploi aidé vient d’être dévoilée : ce sont 8 millions d’euros qui viennent d’être affectés au ministère de l’Education nationale auxquels s’ajoutent 20 millions d’euros transférés au budget par le parlement. Au final, 4800 contrats aidés supplémentaires vont être recrutés sur les missions d’aide à la direction d’école et d’accompagnement des élèves en situation de handicap. En sachant qu’une première vague de recrutements est programmée à partir du mois d’avril et qu’elle sera suivie d’une autre vague de recrutements en septembre, nous nous interrogeons sur la dotation pour notre département et sur l’avenir des personnels actuellement sous contrat.

Un point portant sur l’étude du calendrier scolaire 2011-2012 pour les écoles de l’Allier est porté à l’ordre du jour du présent CDEN. Nous attirons son attention sur le fait que le projet de calendrier ne figure pas dans les documents préparatoires et que ce calendrier vient d’être publié et envoyé aux écoles. Nous y découvrons qu’une fois de plus, les vacances d’automne 2011 sont amputées d’un jour afin d’aménager le pont dit « de l’ascension ». La durée actuelle des vacances d’automne ne permet pas aux enfants de récupérer dans un 1er trimestre excessivement long. Cette décision serait aberrante s’il advenait que la conférence nationale sur les rythmes scolaires propose d’allonger ces congés à 15 jours.

Dans le second degré (collèges), pour une prévision à la hausse des effectifs (+ 128 élèves), la dotation départementale de l’Allier correspond à 6,5 équivalents temps plein en moins, tout en sachant que la diminution réelle du nombre de postes, tel qu’elle ressort du CTPA, est supérieure : plus de postes supprimés que d’équivalents temps plein dans la dotation, laquelle recule quand le nombre d’élève augmente … n’avons-nous pas là le résumé saisissant d’une politique ?

Sa mise en œuvre vient en outre de connaître une dégradation importante contre laquelle les organisations syndicales protestent. La décision rectorale, parachutée un matin de mars, centralisant les discussions sur les postes en collèges à l’échelon académique, outre sa forme caractéristique -celle d’un petit oukase décidé unilatéralement- revêt une triple signification :

  • celle de la liquidation instantanée d’une concertation et de décisions techniques qui relevaient jusque là, sans que ceci ne pose aucun problème bien au contraire, de l’échelon départemental.
  • celle d’un recul tout aussi instantané dans la concertation avec les organisations syndicales dont les représentants départementaux aux CTPD n’ont même pas été convoqués à la séance éclair du groupe de travail académique traitant de tous les départements en une matinée.
  • celle d’une dégradation des conditions du mouvement du personnel et de l’information des personnels, la plate-forme rectorale fonctionnant avec un personnel administratif réduit et sans les habitudes et les informations des personnels départementaux.

Il est clair que l’abandon du traitement départemental des postes en collèges ne correspond à aucune nécessité de bonne gestion. Il est sérieusement permis de se demander si la prime à la casse attribuée à notre Recteur aura été abondée en gratification de ce petit coup d’État.

C’est avec des méthodes similaires -annonce parachutée, mais cette fois-ci de plus haut que le rectorat- que collègues et parents ont appris l’entrée dans le programme dit ECLAIR de deux collèges du bassin de Montluçon et des écoles de leur secteur. Il fut un temps où l’on considérait nécessaire d’attribuer plus à ceux qui ont moins, en matière de formation. Cette fois-ci, ce principe a été officiellement remplacé par : précariser et caporaliser plus là où la population a moins.
En effet, le principe du programme ECLAIR est de s’orienter vers la généralisation d’un recrutement sur contrats de 5 ans, autrement dit de créer un poche de droit contractuel dans la fonction publique. Les personnels concernés s’opposent à cette évolution et, ayant une expérience de travail en équipe envers les milieux les plus défavorisés, s’étonnent de la dimension sécuritaire officiellement donnée au programme ECLAIR.

Les 13 suppressions de postes d’administratifs dans notre département constituent un chiffre qui va lui aussi au delà du simple « impératif budgétaire » que nous contestons déjà en lui-même. Elles s’ajoutent aux pertes déjà subies par l’Inspection d’Académie et concernent de plus 7 établissements du second degré et 2 CIO sur 3.

Telles sont donc les raisons pour lesquelles les organisations syndicales de l’enseignement public de l’Allier, unies, avec les parents d’élèves FCPE et les associations laïques, rejettent la légitimité de l’ensemble des pertes d’emplois subies par l’Allier et ont boycotté les premières réunions de ce CTPD et celle du CDEN. Nous comptons bien continuer continuer à agir pour une modification réelle de ces orientations.

L’Éducation Nationale dans le département comme partout dans le pays paye le prix fort de politiques fiscales anti-redistributives qui aggravent de façon cumulative les inégalités sociales et les déficits publics.
Un récent rapport parlementaire chiffre à 100 milliards d’euros en 2010 le coût des baisses d’impôts consenties entre 2000 et 2010. Le paquet fiscal coûterait à lui seul autour de 15 milliards d’euros : l’équivalent de 484 800 postes d’enseignants. La baisse de la TVA dans la restauration : 3 milliards l’équivalent de 100 000 postes. Et on pourrait continuer avec les réductions concernant l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur les successions, l’impôt sur la fortune et faire le tour des niches fiscales...
La dette dite publique est bien un mécanisme de transfert des richesses mais c’est surtout des contribuables ordinaires et des usagers des services publics, principalement l’Éducation, vers les rentiers. Avec l’argent économisé sur leurs impôts, les plus riches de ce pays ont pu acquérir des titres (porteurs d’intérêts) de la dette émise pour financer les déficits provoqués par la réduction des impôts...

C’est là un tour de force d’autant plus brillant qu’on essaie encore de nous faire croire que la dette publique serait la faute d’un nombre excessif de fonctionnaires en général et de l’École ! Ce ne sont pourtant pas le ridicule montant de l’IRL, ni la « généreuse » majoration, de 1,0435% du montant de base de l’IRL, dont vous nous avez fait part dans un courrier du 13 décembre dernier, qui grèvent le budget et accentuent la dette publique !!! De qui se moque-t-on ? Connaissez-vous beaucoup de loyers s’élevant à 182 euros à notre époque ???

La dénonciation d’une dette qui n’a de publique que le nom et l’arrêt du remboursement de prétendus déficits qui constituent en réalité le matelas de base de la finance et de la spéculation, voilà des questions que mouvements sociaux et débats démocratiques vont mettre de de plus en plus à l’ordre du jour.

Et pourtant en terme d’Éducation, et s’il faut finir par une anecdote emblématique, les amis du pouvoir en place n’hésitent parfois pas à dépenser de l’argent public...
Ainsi un conseil général est prêt à financer sur fonds publics alors que cela ne relève pas de ses compétences une université privée à hauteur de 20 millions d’euros par an ... Il s’agit du Pôle Universitaire Léonard de Vinci situé dans les Hauts de Seine dont vous avez été, Monsieur le Préfet, personnellement le dirigeant.

 

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