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13 novembre 2012

CDEN du 12/11/2012 | Déclaration de la FSU

13 novembre 2012

CDEN du 12 novembre 2012
Déclaration de la FSU

Ce CDEN est le premier à se tenir après les élections présidentielles et législatives de mai et de juin dernier. Le refus de continuer une politique de coupes sombres symbolisée par un slogan, le « non remplacement d’un fonctionnaire partant en retraite sur deux », et par un barbarisme, la « RGPP », a pesé d’un poids certains dans leur résultat.

Les personnels de l’Education Nationale peuvent comprendre que tout n’aille pas vite, pourvu que cela aille dans le bon sens. Les interrogations, inquiétudes et revendications que nous sommes conduits maintenant à exprimer, posent cette question : dans quel sens va le gouvernement ?

A plusieurs reprises lors de précédents CDEN, la FSU s’est exprimée à propos de ce qu’il est convenu d’appeler la « dette publique ».
Une déclaration commune de la FSU, de l’UNSA-Education, de SUD-Education et de la FNEC-FP-FO s’était même prononcée contre le principe, officiellement considéré comme indiscutable et allant de soi, selon lequel le paiement de la dette dite publique devrait prévaloir.
Nous en contestons en effet le caractère « public », sachant que les titres d’Etat qui circulent en bourse avec des taux variables, au nom de cette dette, constituent en réalité le matelas de la spéculation financière. Depuis le budget voté en 2011, le service de la dette est passé devant l’Education Nationale.

Là est la source du cadre budgétaire actuel, confirmé et aggravé dans le Traité élaboré au début de l’année par les chefs d’Etat Sarkozy pour la France et Merkel pour l’Allemagne et ratifié tel quel par le gouvernement et l’assemblée élus pour une autre politique en mai et juin dernier.

Ce cadre empêche toute politique de création de postes, ô combien nécessaire dans la Fonction publique. Il bloque en outre toute politique de revalorisation salariale. Sans cette dernière, la revalorisation professionnelle et morale des métiers de l’enseignement public, confrontés à une crise des vocations sans précédent, n’est pas envisageable. Notre fédération revendique en la matière la fin du gel du point d’indice et des mesures de rattrapage des pertes (plus de 13% depuis 2000), un salaire minimum à 1600 euros nets, la reconstruction de la grille en commençant par une augmentation uniforme de 50 points, la revalorisation salariale des filières féminisées qui sont actuellement moins rémunérées, et la suppression immédiate de la journée dite de carence.

La contrainte budgétaire, qui relève d’un choix politique discutable et non d’une fatalité comptable, interdit de redresser une situation très compromise, qu’illustrent les effectifs d’élèves dans de nombreuses classes de tous les niveaux d’enseignement et les graves problèmes de remplacement. A cet égard, la notion administrative d’ « efficience » des remplacements, qui renvoie au taux d’utilisation des remplaçants et non aux remplacements, eux-mêmes, est dépourvu de sens.

Dans ce cadre, nous craignons que le gouvernement ne soit en train de compléter ce choix politique budgétaire par des orientations qui elles non plus n’iraient pas dans le sens de ce que souhaitent les personnels.
Concernant la loi d’orientation en préparation, nous ne pouvons d’abord que déplorer le caractère artificiel de la concertation officielle, donnant lieu pour l’essentiel à un jeu de rôles que l’on pouvait deviner à l’avance. Dans l’Allier, la réunion du 10 septembre sur le collège a abouti à un compte-rendu officiel, consultable sur le site du Rectorat, d’un touchant consensualisme en ce qui concerne les louanges à la gloire du « socle » et de « l’école du socle », ce qui peut s’expliquer par la surreprésentation évidente de personnels d’autorité de l’Education nationale dans cette réunion, mais qui passe néanmoins sous silence l’opposition explicite de deux organisations présentes, et pas des moindres -la FSU et les DDEN. Attention à ne pas se donner bonne conscience par une concertation saupoudrée et lacunaire.
De ce point de vue, nous tenons également à faire remarquer que le présent CDEN a été convoqué au dernier moment eu égard aux vacances, ne simplifiant pas les choses pour les autorisations d’absences nécessaires, et que les documents concernant les priorités prochaines n’ont pas été fournis à l’avance.

A l’étape actuelle, la réintroduction du projet d’« école du socle », postulant qu’il n’y aurait qu’un seul métier de la maternelle à la troisième, dangereuse absurdité, par le biais d’une expérimentation inscrite dans la future loi d’orientation, ainsi que la manière dont cette future loi semble devoir reprendre le programme de la loi Fillon de 2005 sur le LPC et le collège, vont à l’encontre de ce dont ont besoin l’école primaire et le collège unique, à savoir des professionnels plus nombreux et revalorisés dans les différents métiers qui doivent s’y rencontrer, sur la base de groupes classes allégés et, au collège, de la structuration de l’enseignement autour des disciplines scientifiquement et historiquement constituées.
A cela s’ajoute la poursuite telle quelle de la « réforme du lycée » en dehors de qui se dessine pour l’histoire-géographie et qui reste à préciser, la poursuite de la destruction des métiers de l’enseignement technologique en filière STI, l’acceptation de la suppression d’une année et de 11 000 postes dans l’enseignement professionnel, et l’absence de tout projet concernant l’amélioration des conditions de travail et de rémunérations.
En fait de refondation, nous risquons donc d’aller vers un changement dans la continuité, c’est-à-dire une dégradation. On peut encore l’éviter par le débat et les choix politiques.

Alors que, selon des informations en date de fin octobre, le ministère réfléchit à des mesures concernant l’enseignement professionnel en dehors du projet de loi d’orientation, il semble se confirmer que le gouvernement s’oriente vers un pilotage des cartes de formation par les Régions, auxquelles seraient aussi transférés les CIO. La philosophie des Régions en la matière est connue, elle amalgame public et privé, apprentissage et formation sous statut scolaire.
Le rapport Gallois, qui vient de remplacer les engagements de campagne et les espérances du printemps en tant que liste des recettes à suivre pour rembourser la dette dite publique et baisser les salaires réels, préconise justement, en son point 14, de donner du pouvoir décisionnaire aux entreprises dans le cadre de la gestion régionale des enseignements technologiques et professionnels.

Enfin nous tenons à alerter les composantes du CDEN sur le décret pris le 30 septembre créant un corps interministériel des assistants de service social des administrations de l’Etat, par lequel les Assistantes sociales de l’Education nationale (et des autres ministères) seraient gérées dorénavant par une plate-forme relevant du ministère des Affaires sociales, avec possibilité de mutualisation entre ministères mettant en danger l’intégrité des missions de service social aux lycéens, aux étudiants et aux personnels déjà fortement privées de moyens ; ainsi que sur un projet de décret par lequel les infirmières ne seraient plus de l’Education nationale, mais relèveraient d’une coordination interministérielle lui échappant.
Ces deux décrets portent un nom, ils étaient prêts avant le 6 mai dernier : il s’agit de la RGPP.

Sur l’ensemble de ces questions, la section départementale de la FSU a écrit aux députés de l’Allier au mois d’octobre.
A rebours des choix politiques impliqués par la volonté sociale majoritaire qui s’est exprimée ce printemps dans les élections politiques, mais aussi dans les élections professionnelles et dans de nombreux mouvements sociaux, cette fuite en avant dans la régionalisation, sous le nom d’acte III de la décentralisation, constituerait pour notre fédération, et au-delà d’elle, nous n’en doutons pas, pour toutes celles et ceux qui sont attachés au service public national et laïque, à l’égalité des citoyens devant la loi, devant l’impôt et devant le service public, un casus belli.
Ce serait une grave erreur que de choisir de foncer tout droit dans le mur en confirmant de tels choix.

 

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