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19 février 2013

CDEN du 19/02/2013 | Déclaration de la FSU

19 février 2013

Le fait que l’offre éducative dans les écoles publiques de l’Allier continue à régresser à la rentrée de septembre 2013 a motivé le boycott du CDEN le 14 février dernier, par l’ensemble des organisations syndicales représentatives des personnels qui y sont présentes et par les parents d’élèves FCPE.

En effet, la répartition du budget aboutit à ce que notre département perd 10 postes dans le premier degré. De fait, d’autres fermetures s’y rajoutant pour compenser des ouvertures indispensables afin d’aboutir à ce solde de -10, et les moyens en remplacements, les RASED et l’enseignement spécialisé ayant été très largement ponctionnés les années précédentes, cette rentrée 2013 s’annonce ici comme la pire depuis longtemps en ce qui concerne les suppressions de postes devant élèves : -19,5.
Dans les collèges, les attributions de moyens ne parviennent pas à endiguer l’augmentation des effectifs par divisions et donc la détérioration des conditions réelles de travail des élèves et des personnels.

Pour la FSU, cette situation ne s’explique pas par une mauvaise répartition de moyens dont l’Allier serait victime mais qui, globalement, seraient en train de remonter. Car s’il est vrai que le changement politique effectué l’an dernier se traduit au moins par un programme de restitution partielle des postes supprimés en masse dans l’Éducation depuis 5 ans (pour ne pas remonter plus haut), cette décision est encadrée, bridée et conditionnée par les choix politiques fondamentaux de poursuivre le remboursement de la dette dite « publique » et de « réduire les déficits ».
La plupart des organisations syndicales présentes à ce CDEN ont déjà eu l’occasion de contester ici même le principe de ce remboursement, les titres de la dette publique constituant de fait le matelas de la spéculation financière, et le service de la dette le premier budget en moyenne de l’ensemble des pays européens, sorte de tribut prélevé sur les sociétés, via l’impôt et la destruction des services publics et des systèmes sociaux, avant tout pour le compte de la rente et de la finance.
De ce fait, les créations de postes dans l’Éducation nationale, qu’il serait plus juste d’appeler des restitutions, sont non seulement globalement insuffisantes, mais sont utilisées comme argument pour accentuer le nombre de suppressions dans d’autres services publics, comme par exemple l’Inspection du travail aujourd’hui au bord de l’asphyxie complète, ce que nous ne saurions accepter.

Le projet de loi d’orientation dit de « refondation de l’école » est lui aussi largement conditionné par ces contraintes résultant de choix politiques.
Alors qu’il est de bon ton de déplorer le millefeuille administratif et territorial, la simplification salutaire et démocratique qu’aurait constitué l’abrogation des lois et mesures prises sous le quinquennat précédent, notamment de la réforme du lycée, celle de la voie professionnelle, celle des séries technologiques, de la loi antigrève dite du « service minimum d’accueil », et de la loi Carle, n’a pas été envisagée à ce jour. Le projet de loi ne vient donc pas remplacer, mais compléter, les contre-réformes qui l’ont précédé.
Il se combine avec le projet de troisième acte de la décentralisation déjà anticipé par les Conseils régionaux avant même d’être voté, qui détruirait le caractère national de l’Enseignement professionnel et de l’Orientation initiale, et accélérerait la mise en cause de leur caractère public.
En réaffirmant le principe d’un socle commun, même appelé « de connaissances, de compétences et de culture », comme base de l’organisation de la scolarité obligatoire, le projet de loi en l’état maintient le danger d’une école à deux vitesse, introduit par la loi Fillon en 2005, opposant une « école du socle » de la maternelle au collège au « Bac -3/Bac +3 ».
Ce projet en l’état actuel n’est donc pas un texte de refondation.

Le ministère a choisi d’engager la nécessaire réforme des rythmes par décret et en mélangeant tout.
Rappelons que le SNUipp-FSU s’était opposé à la réforme Chatel qui amputait les horaires en alourdissant les programmes et détruisait une grande partie des RASED en lui substituant une aide dite personnalisée. Aucun de ces trois points (horaire de cours total, programmes, destruction des RASED) n’a à ce jour été corrigé.
Par contre, un réaménagement global de la semaine est imposé au plus tard pour la rentrée 2014.
Concernant les élèves, ce réaménagement ne soulagera pas leur fatigue car il ne raccourcit en rien leur journée, sauf à considérer que seules les heures d’enseignement sont susceptibles de fatiguer un enfant du XXI° siècle. De fait, « l’intérêt de l’enfant » a bon dos.
Concernant les personnels, il entraîne une augmentation évidente de la charge de travail et peut entrainer dans certains cas une augmentation du temps de travail effectif, alors qu’aucune compensation salariale n’est ne serait-ce que soumise à négociation.
Mais le plus grave concerne la structure de l’école publique : les activités périscolaires, avec un flou récurrent sur leur délimitation d’avec les activités scolaires, sont d’office attribuées aux communes. Des Projets Éducatifs Territoriaux devraient donner un caractère propre à chaque école ou groupement d’écoles, consacrant l’inégalité des moyens et des politiques d’une commune ou d’un groupement de communes à l’autre, menaçant les statuts des fonctionnaires et le caractère national des missions.
Enfin, les écoles privées organisant librement leur semaine scolaire, pourront si elles choisissent d’appliquer la « réforme » recevoir une aide pour les activités périscolaires : c’est bien le décret Peillon qui permet directement ici de violer la loi Debré elle-même, et d’amplifier le financement public des écoles privées, jusque dans leurs activités ne relevant pas de l’enseignement, dont on a pourtant pu voir récemment l’absence de neutralité.

Il n’est dans ces conditions pas étonnant que la quasi totalité des communes de notre département aille vers cette réforme à reculons. La volonté de passer à toute force sur ce sujet décrété d’urgence nationale, qui contraste avec d’autres comme, au choix, la réforme des banques ou le cumul des mandats, induit en outre des dérives inquiétantes de la part de responsables politiques qui doivent pourtant leur place au rejet, l’an dernier, de l’autoritarisme et de l’antisyndicalisme : mettant l’ « intérêt de l’enfant » à toutes les sauces, on laisse entendre que les personnels des écoles seraient des paresseux mobilisés par des syndicats « corporatistes ».

Le présent CDEN doit avoir conscience qu’un tiers de gréviste dans les écoles le 31 janvier, plus de 40% le 12 février, et pas forcément les mêmes, sont représentatifs d’une inquiétude et d’un mécontentement tout à fait majoritaires parmi les personnels que nous représentons.
Faire le choix de reprendre le vieux discours de la droite populiste en les accusant de corporatisme et en exigeant l’application autoritaire sans délai ni discussion d’un décret à l’évidence inapplicable à la prochaine rentrée, bancal et mal ficelé, serait irresponsable. La sagesse laïque et républicaine la plus élémentaire exige au contraire un report pour réécriture.
Chacun est à cet égard devant ses responsabilités.

Moulins, le 19 février 2013

 

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