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26 juin 2013

CDEN du 26/06/2013 | Déclaration de la FSU

26 juin 2013

La FSU Allier tient à l’occasion de ce CDEN à exprimer son inquiétude quant à la politique éducative actuellement suivie. Il est à craindre que les bonnes intentions et les objectifs initialement affichés à l’orée des présents ministère, législature et quinquennat ne se retournent en leur contraire.

L’éducation a été proclamée priorité, non sans insister lourdement sur l’effort que ceci constitue en temps de crise, et relativement aux autres ministères moins épargnés. Un certain nombre de décisions, nullement marginales, vont à l’encontre de ces proclamations et mettent en cause la confiance que l’on peut avoir en elles.

C’est ainsi que la suppression de 2 000 postes d’AED (assistants d’éducation) est officiellement justifiée par le fait que les heures correspondantes à la rentrée dernière n’avaient pas été budgétisées !
Cette mesure annoncée en fin d’année conduirait à 70 AED en moins dans notre académie et, pour autant que l’on puisse le déduire des informations communiquées à ce jour, une douzaine dans notre département, mais une vingtaine dans les collèges et lycées compte tenu des créations, par ailleurs tout à fait justifiées, pour l’insertion en ULIS et CLIS. Elle porte atteinte à l’encadrement des élèves dans le second degré. Les missions des AED pourraient par ailleurs être assurées par des personnels nouvellement recrutés en CUI (contrats uniques d’insertion), ce qui ne ferait qu’aggraver la précarité qui est déjà bien installée dans l’Education nationale.

C’est ainsi qu’au comité technique ministériel du 17 juin dernier, au motif que le début de carrière a lieu au niveau universitaire M1 et que la formation des professeurs serait rétablie dans les futurs ESPE, le ministère a présenté un décret réduisant fortement les salaires de tous les professeurs débutants des premier et second degré, réduction allant de 349 à 400 euros et conduisant à des salaires peu au dessus de 1 300 euros. Cette autre décision brutale contredit le discours officiel sur la nécessité de surmonter la crise des recrutements, mais est en cohérence avec les choix gouvernementaux concernant les salaires des fonctionnaires.

C’est ainsi qu’alors que priorité est proclamée à l’école primaire, jamais la situation réelle des remplacements n’a été aussi difficile dans notre département.
Pour mémoire, lors du CDEN du 10 février 2012, nous tirions déjà la sonnette d’alarme en posant les questions suivantes dans notre déclaration préalable : "Comment assurer le remplacement de tous les maîtres absents ? Comment faire mieux de remplacements avec moins de remplaçants ?". Puis lors du CTSD du 26 juin 2012, nous écrivions dans notre déclaration préalable : "Les moyens de remplacement ne suffisent plus à répondre aux besoins… Qui peut croire qu’avec 13 postes de remplaçants en moins, le problème sera résolu à la rentrée ?". Enfin lors du CTA du 28 janvier dernier, nous faisions le voeu suivant : "avoir un nombre suffisant de remplaçants pour assurer la continuité du service public d’éducation nationale sur tout le territoire".
Malheureusement à ce jour, nous ne pouvons que constater l’étendue des dégâts tant pour l’organisation du travail des équipes pédagogiques des écoles que pour les apprentissages de nos élèves … sans parler des mandats des élus paritaires qui ne peuvent s’exercer sereinement. L’État n’assure plus ici ses missions de Service Public d’Éducation dans l’Allier.
Nous souhaiterions que le remplacement soit aussi une priorité pour les écoles de l’Allier. C’est pourquoi, à minima, nous demandons la réouverture des 13 postes de remplaçants supprimés l’an dernier.

D’autres exemples pourraient être donnés. Notons que la création de 60 000 postes en 5 ans ne figure pas en tant que telle dans tel ou tel article de la loi d’orientation, mais dans son exposé des motifs voté avec elle au parlement. La situation présente jette un doute sur la pérennité de ces annonces ainsi que sur les conditions de leur mise en œuvre (précarisation, baisse des salaires réels).

Au terme de cette année scolaire 2013-2014 force est de constater que les orientations de fond, au delà des questions budgétaires, ne tranchent pas avec celles des années précédentes. La loi d’orientation récemment adoptée, outre l’hypothèque croissante pesant sur les mesures budgétaires censées l’accompagner, repose sur deux piliers idéologiques :

Premier pilier : la théorie du "socle commun", initiée par la loi Fillon de 2005, fait d’une part que la loi laisse en l’état, à ce jour, la réforme du lycée mise en œuvre sous le gouvernement précédent et poursuivie par celui-ci, alors qu’un bilan est déjà possible montrant qu’aucun des progrès annoncés n’a été fait mais que l’organisation des enseignements et leur cohérence pour les élèves sont souvent gravement perturbés, et d’autre part elle tend à opposer deux couches de jeunes : ceux qui sont concernés par le socle commun, jusqu’en fin de 3°, et ceux qui seraient concernés par le « Bac-3/Bac+3 » ensuite. La FSU considère que la scolarité obligatoire devrait aller jusqu’à 18 ans et que le Baccalauréat pour toute une classe d’âge doit rester l’objectif de la République. Au contraire, l’évolution présente vise à rapprocher collège et premier degré, d’une part, lycée et université, d’autre part.

Second pilier : l’idée selon laquelle il appartient aux collectivités locales de faire tout ce que l’État ne veut pas ou ne veut plus faire.

C’est notamment ce dogme qui a en réalité conduit l’errance ministérielle en matière de rythmes scolaires à l’école primaire, augurant mal de la suite. On a voulu faire croire au public que les enseignants ne voulaient pas revenir aux 4 jours et demi. En réalité, tout a été fait pour étaler sur la semaine les horaires tels que le gouvernement précédent les avaient modifiés, et reporter sur les communes le problème social du devenir des enfants hors temps scolaire et temps à la maison. Ceci, de manière à engager prochainement une fragmentation de l’école primaire nationale en projets territoriaux pilotés par les collectivités locales, régentant des activités se tenant dans les locaux scolaires et tendant à empiéter sur l’organisation du temps scolaire lui-même, comme le montre d’ores et déjà l’expérience des velléités municipales dans les communes minoritaires de l’Allier s’étant engagées dans la dite réforme.

L’avis du conseil d’État sur la circulaire ministérielle du 23 mars qui entendait, avant même le vote de la loi, mettre en œuvre l’application de cette contre-réforme, est un événement politique peu ordinaire. Le conseil d’État a en effet été conduit à souligner la rupture d’égalité ainsi que les problèmes de sécurité posés par les normes nouvelles, diminuées, d’encadrement des enfants lors des activités périscolaires que le ministère voulait mettre en place. De même, le fait qu’une majorité de communes ait différé la mise en œuvre du soi-disant grand projet du XXI° siècle en dit long sur les réalités. Après les discussions du début de l’année, il a bien fallu constater que ce qui se mettait en place n’avait pas grand chose à voir avec l’objectif initialement affiché. Alors, quand avec d’autres nous avons demandé un délai pour améliorer ce qui pouvait encore l’être et éviter les dérives qui se profilaient, une ligne politique a prévalu : surtout pas, ce sera tout tout de suite à la rentrée 2013 sinon la « sclérose conservatrice » l’emportera !

Dans ce CDEN, la FSU tient à affirmer fermement ceci envers un certains nombre de forces politiques : il n’est pas admissible d’entendre que les enseignants seraient les adversaires de l’"intérêt de l’enfant" qui, pour des intérêts "corporatistes", refuseraient de "travailler autrement" alors que tout le monde aurait bien compris qu’une "ère nouvelle" doit advenir. Cette "ère nouvelle" est très ancienne : c’est celle de l’éclatement de l’école publique en groupements scolaires territoriaux, du financement local inégalitaire, sans garanties ni de laïcité ni de gratuité. Cette orientation est profondément réactionnaire, et n’a en réalité rien à faire de l’intérêt de l’enfant.

La même "ère nouvelle" est proclamée dans un document que le CAEN (Conseil Académique de l’Éducation Nationale) d’avant-hier a repoussé à la majorité, émanant du Conseil régional et concernant la refonte des formations professionnelles et technologiques sur le grand Clermont-Ferrand, mise au point et décidée par la Région. Ce document, qui induit une orientation pour toute l’académie, a été adopté à une seule voie de majorité hier par le Conseil régional. Ici aussi s’affiche la régression que le pilotage local et régional du système éducatif constitue. La voie choisie, étendue à l’ensemble de la région, conduirait à la fermeture de nombre d’établissement.

La désaffectation des locaux de l’ancien lycée agricole de Lapalisse, autrement dit la fermeture de ce petit lycée de proximité, dans l’Allier, malgré l’opposition du même CAEN et, voici quelques semaines, du Conseil général unanime, en est une illustration, dont le CDEN doit être informé, car il s’agit bien d’un recul du service public d’éducation dans le territoire départemental. Le Conseil régional d’hier a voté à la majorité un vœu demandant le maintien des formations sur cet établissement à la prochaine rentrée.
La FSU Allier salue l’importance politique de cet événement car il montre qu’il est possible que les élus reviennent sur des décisions antérieurement prises sous l’apparence de l’unanimité et de l’évidence budgétaire de la "seule politique possible". C’est forte de ces trois prises de position (Conseil général, CAEN, Conseil régional) qu’une délégation du SNETAP-FSU se rend aujourd’hui même au ministère de l’Agriculture. Il est donc encore temps que, avant de rentrer dans le mur en klaxonnant, le bon sens et l’intérêt général prévalent en tous domaines dans des choix enfin conformes à ce pour quoi, rappelons-le tout de même, le pays s’est exprimé l’an dernier.

Moulins, le 26 juin 2013

 

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