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15 janvier 2015

Grève nationale le 3 février

15 janvier 2015
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Dans cette période de crise économique et sociale et de montée des inégalités, l’école avec ses enseignant-es constituent un rempart incontournable à la relégation des plus fragilisé-es et à la montée de tous les obscurantismes. Plus que jamais notre pays a besoin d’école, il faut lui donner les moyens de lutter efficacement contre l’échec scolaire qui touche en premier lieu les enfants issu-es des milieux populaires. C’est une des conditions pour offrir une culture commune à tous et toutes et permettre l’émancipation de chacun-e.

Or, la priorité au primaire ne se traduit pas dans les écoles. Les nouveaux rythmes scolaires ne sont pas une réponse à la difficulté scolaire. Ils accentuent la dégradation des conditions de travail des enseignant-es et renforcent les inégalités territoriales.
Avec des effectifs parmi les plus chargés d’Europe, une formation continue exsangue, une charge de travail toujours en augmentation, une revalorisation salariale en panne et un recours croissant aux contractuel-les, en lieu et place d’enseignant-es titulaires et formés, il y a saturation.

Dans le cadre fédéral, le SNUipp-FSU appelle à la grève le 3 février prochain et rappelle son attachement au cadre unitaire qui doit être recherché à tous les niveaux. Il débattra avec les personnels des suites de l’action et sera force de propositions de ces suites.
Avec la FSU, il demande un investissement massif dans l’Éducation ce qui nécessite une augmentation du budget prévu.

Pour réussir l’école, il faut davantage d’enseignant-es mieux formés et mieux payés et améliorer leurs conditions de travail.

1. Améliorer les conditions de travail

- Budget

Avec seulement 2 511 créations d’emplois programmées pour la prochaine rentrée, l’école manque de postes et même 6 académies se voient imposer des suppressions de postes. Le budget est nettement insuffisant.
Deux mesures actées pour la rentrée 2015, l’amélioration du régime des décharges pour la direction d’école et les demi-journées d’allègement de service en REP+, vont déjà consommer 1 650 postes. Il ne restera donc plus que 861 emplois pour accueillir les 23 400 élèves supplémentaires attendus à la rentrée 2015, soit un emploi enseignant pour 27 élèves.
Le nombre d’élèves, par classe déjà au-dessus des moyennes européennes, ne va pas baisser et même augmentera dans trop d’écoles.
De plus, les autres priorités affichées par le ministère ne vont pas se déployer (Plus de maîtres que de classes, scolarisation des moins de 3 ans) et notre école ne va pas rattraper son retard (manque de 1 800 postes de remplacement et 4 834 postes de RASED par rapport à 2008).

Par ailleurs, des moyens supplémentaires sont également nécessaires pour classer en éducation prioritaire toutes les écoles dont les caractéristiques le justifient. Financer cette réforme de l’éducation prioritaire et répondre aux autres besoins nécessitent un tout autre budget. Ce besoin de moyens fera l’objet d’une campagne d’information.

- Effectifs

La taille des classes, déterminante pour la réussite des élèves comme le confirment plusieurs études, doit baisser : pas plus de 25 élèves par classe et pas plus de 20 élèves en REP et REP +, pas plus de 15 élèves pour les moins de 3 ans, effectifs allégés dans les classes scolarisant au moins un-e élève en situation de handicap.

Pour réussir la scolarisation des élèves en situation de handicap, il faut des professionnel-les formés avec statut pérenne et un salaire à hauteur des missions, pour accompagner les jeunes.

- Réforme des rythmes

Elle a des conséquences négatives sur les conditions de travail et de vie des enseignant-es. Le SNUipp-FSU continue d’exiger une remise à plat de cette réforme.

- APC

Ce dispositif ne répond pas au traitement de la difficulté scolaire. Le SNUipp-FSU demande la fin des APC et le retour à un temps de concertation institutionnalisé dans l’emploi du temps régulier des écoles.

- Gestion des personnels

Il faut remettre à plat le mode de gestion des personnels (inspection, rapport à la hiérarchie, mutations, temps partiel, droit syndical,…) qui a subi des dégradations incessantes.

2. Salaires

Tout le monde le reconnaît : les enseignant-es des écoles sont sous-payé-es par rapport à leurs homologues européens et aux fonctionnaires de même catégorie. L’annonce de la prime aux recteurs et rectrices a sonné comme une provocation chez nos collègues alors que leur salaire va baisser en janvier. Il faut d’urgence augmenter nos salaires.

Cela passe par :

  • Le rattrapage des pertes de salaires ;
  • L’augmentation du point d’indice gelé depuis 2010 ;
  • Une augmentation immédiate de l’ISAE (400 € bruts annuels) accessible à toutes et tous, s’alignant sur l’ISOE de nos collègues du 2nd degré (1200 € brut annuels).
3. Formation initiale et continue

- Cumuler un mi-temps en responsabilité et un mi-temps en ESPE, calqué de plus sur le calendrier universitaire, n’est pas tenable, ni réaliste pour nos collègues stagiaires ; cela ne correspond pas à une véritable formation professionnelle.
Il faut retrouver d’urgence un maximum d’1/3 en responsabilité et 2/3 en ESPE, afin que le volume de formation didactique et théorique prenne toute sa place et son sens.

- La formation continue a quasiment disparu.
Il faut d’urgence rétablir une formation continue de qualité sous forme de stages remplacés sur le temps de classe.

Extrait du Texte action
Conseil National du SNUipp-FSU des 13 et 14 janvier 2015

 

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