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7 février 2008

CTPD du 31/01/2008

Declaration préalable de la FSU Allier

Après l’adoption l’été dernier d’une loi contre le droit de grève dans les transports terrestres de voyageurs, M. le ministre de l’Education Nationale a jugé bon de lancer le thème du "service minimum dans les écoles" à l’occasion de la grève de la fonction publique du jeudi 24 janvier. Il s’agit là d’une manipulation politique grossière ouvrant la voie à de nombreuses dérives. Manipulation en effet, car l’organisation de la garde et de l’accueil des enfants les jours de grève n’est pas une innovation qu’aurait subitement inventée M. Darcos, mais une pratique effective de certaines mairies, dans un esprit qui jusque là n’avait jamais été dirigé contre les grèves, et qui peut d’ailleurs s’entendre en solidarité avec celles-ci, associant les organisations syndicales, les élus locaux défenseurs des services publics, les organisations de parents d’élèves et les associations laïques. M. Darcos par contre :

- 1°) commet un abus de langage délibéré, car en toute rigueur "service minimum" dans les écoles devrait vouloir dire service minimum d’enseignement, ce qui est impossible et serait inadmissible. Il s’agit en fait de garderie, mais pour prendre le ton du combattant anti-grève il a fallu appeler cela "service minimum".

- 2°) commet une manipulation politique de grande ampleur en demandant aux communes d’organiser la chose, ce qui n’est possible que par l’affectation de personnels municipaux dont ce n’est pas le travail normal.

- 3°) aggrave son cas de manière odieuse en annonçant que la rétribution des dits personnels requis pour la circonstance se fera au moyen des prélèvement de journées de grève pris aux personnels grévistes, cherchant ainsi à opposer fonctionnaires d’Etat et personnels locaux. A quoi visent les 90 euros promis par le ministre aux communes par tranche de 7 élèves gardés, qui dans telle commune ne sauraient suffire à payer des personnels qui sont en principes de toute façon rétribués à moins que l’on considère que le prétendu "service minimum" doit consister pour eux en heures supplémentaires imposées, qui dans telle autre commune seront de trop là ou par exemple (oui cela existe) le maire a envoyé un employé municipal alors que l’école fonctionnait ? Quelles caisses locales bizarres et quelles usines à gaz dispendieuses le ministère est-il en train de monter ?

- 4°) le ministère ouvre la voie aux dérives les plus diverses et les plus folkloriques que l’on a commencé à voir se produire dans telle ou telle commune de l’Allier ce 24 janvier : ici c’est un édile qui s’imagine devoir organiser le soi-disant "service minimum" alors même que l’école n’est pas fermée, là c’est un directeur d’école qui s’imagine que maintenant qu’il y a un "service minimum" il doit refouler les enfants de parents dont l’enseignant est en grève, ailleurs c’est un autre édile qui entreprend de donner des ordres à l’EVS sur lequel il n’a pas autorité. Comment se fait-il que dans une commune on apprenne que des Atsem ont payées 3 heure et demi alors qu’elles ont fait 8 heures de "service minimum" (et sont loin des "90 euros" de M.Darcos) : est-ce déjà là le travailler plus pour gagner moins en faisant du "service minimum" ? Qu’ailleurs les personnels communaux se demandent bien pourquoi c’est un tel qui a été envoyé faire son "service minimum" et pas un tel ?

Et au fait, qu’en est-il des problèmes d’assurance et de sécurité des enfants dans le cadre du "service minimum" ? Qu’en est-il de l’utilisation de matériel pédagogique dont l’emploi est de la responsabilité des enseignants et qui n’est pas forcément fourni par la commune mais aussi par les coopératives scolaires ? Qu’en est-il de dégradations éventuelles ? M.Darcos ne semble pas très préoccupé d’ouvrir la boite de Pandore.

La manière dont cette annonce a été faite et la mesure prise est caractéristique de ce que l’on constate depuis plusieurs mois, aussi bien au sujet de la suppression des samedis matins à l’école primaire qu’avec le report des opérations de mesures de carte scolaire dans le 1° degré après les municipales : le Ministère de l’éducation Nationale, se croyant tenu de courir derrière le rythme de la présidence "bling-bling" de l’hyperprésident de la V° République, se met à faire n’importe quoi.

L’essai fait ce 24 janvier dans le premier degré n’a pas été concluant, mais M. le ministre veut continuer dans la même voie à l’échelle de toute l’Education nationale. Nous considérons que les termes "service minimum" ont un sens précis : celui d’en arriver à une atteinte globale au droit de grève de toutes les catégories de travailleurs de l’enseignement public, des directeurs aux Atsem.

Attachés au bon fonctionnement du service public national et laïque de l’éducation, nous ne laisserons pas faire n’importe quoi.

Yzeure, 31 janvier 2008

 

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