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3 novembre 2015

Non, madame la ministre de l’Education Nationale, les enseignants ne sont pas responsables de tous les maux !

Communiqué de la FSU 03

Jeudi dernier était publiée une vidéo du ministère co-produite par Mélissa Theuriau sur la lutte contre le harcèlement à l’école. Une nouvelle fois, et de manière de moins en moins masquée, les enseignants sont livrés à la vindicte populaire à travers cette campagne télévisuelle les dépeignant comme incompétents, sourds à la souffrance des élèves harcelés, voire même complices par leur inaction nécessitant que la situation soit prise en main par une élève elle-même... Maintenant ça suffit !

Petit retour en arrière :

Réforme des rythmes scolaires

Le ministère publie alors une grande explication :

- « Les écoliers français subissent des journées plus longues et plus chargées […] inadaptée et préjudiciable aux apprentissages [...] source de fatigue et de difficultés scolaires.  »

Même s’il semble insignifiant, le choix du vocabulaire est important : les écoliers subissent l’école, et ce serait là l’explication des échecs.

- La réforme «  permettra une meilleure articulation des temps scolaire et périscolaire et s’accompagnera d’une prise en charge des élèves jusqu’à 16h30 au moins. Les élèves pourront accéder à des activités sportives, culturelles, artistiques qui contribueront à développer leur curiosité intellectuelle et à renforcer le plaisir d’apprendre et d’être à l’école  »

Donc les journées ne seront pas plus courtes, c’est écrit, il y aura simplement moins de temps scolaire.
Mais grâce aux TAP, les élèves ne subiront plus mais auront plaisir à aller à l’école.

Donc au delà de savoir si cette réforme était ou non une bonne solution, il est clairement inscrit en filigrane du texte que la responsabilité du mal-être et des difficultés scolaires incombe aux enseignants.

Et ce ne sont pas les récents conflits entre mairies et écoles quant à l’articulation entre temps scolaires et TAP, pour lesquels notre administration a fait le choix de ne pas s’opposer aux volontés des élus, qui nous rassurera.

Nouveaux programmes de l’école maternelle...

Le mot d’ordre de la présentation de ces nouveaux programmes ne vous aura pas échappé :

«  L’école maternelle est une école bienveillante, plus encore que les étapes ultérieures du parcours scolaire. »

(Programme d’enseignement de l’école maternelle, BO spécial n°2 du 26 mars 2015 , page 2)

On ne peut qu’approuver l’idée de bienveillance de l’école maternelle (mais aussi à l’école élémentaire, au collège et au lycée !). A tel point que l’on peut s’étonner de le voir rappelé avec insistance... !

Par nature, l’école doit d’être bienveillante, et les enseignants n’ont pas besoin que des programmes viennent leur rappeler ce principe inhérent à leur métier, et plus généralement aux rapports humains élémentaires. Serait-ce alors un rappel masquant une suspicion : les enseignants auraient besoin qu’on leur rappellent qu’ils doivent être bienveillants... ?

… et préparation des nouveaux programmes de l’école élémentaire.

Difficile de ne pas répondre positivement à la lecture de l’annonce tonitruante de la ministre de l’Éducation Nationale dans un tribune du Monde, vendredi 18 septembre :
-  « la discipline exigée par des dictées quotidiennes ».

Méconnaissance totale du travail des enseignants et grand mépris pour leur professionnalisme ! Malgré un rétro-pédalage adressé au SNUipp-FSU en date du 25 septembre, Le mal est fait : un simple courrier dans l’anonymat n’effacera pas le mal fait par une annonce réitérée en boucle dans tous les médias.

On notera d’ailleurs la contradiction : Pendant qu’elle vante l’autonomie pédagogique totale pour les enseignants du collège pour les « EPI » dans le cadre de la promotion de la réforme du collège, la ministre explique comment faire classe aux professeurs des écoles...

Réforme des collèges

Les enseignants du secondaires sont à leur tour dans le viseur, en attendant ceux du lycée... Patience, votre tour arrive !

Une nouvelle fois, que l’on soit pour ou contre le projet de réforme du collège, c’est la communication du ministère qui est insultante :

- « Le Hashtag du jeudi 7 mai 2015 : découvrez ce qui va changer avec la réforme du #Collège2016 ! »

Cliquez sur l’image pour l’agrandir :

JPG - 1.2 Mo

« Avant » la réforme, on montre une élève qui ne comprend rien aux langues vivantes étrangères, un enseignant de latin barbant qui pratique une pédagogie frontale alors qu’il pourrait faire un projet...

Puis c’est le coup de grâce : un enseignant qui abandonne son élève sur le bord de la route ! Le symbole est important ! On parle de professionnels chargés en premier lieu de garantir la sécurité des élèves qu’on représente faisant une faute professionnelle grave, sous couvert de la caricature. Sauf que celle-ci émane du ministère, pas d’un journal satyrique !

Une belle conception du travail des enseignants du secondaire : inintéressants, feignants, irresponsables.

Pour les enseignants que nous sommes, c’en est trop !

Chaque jour, nous nous consacrons :
- Au bien-être et à la sécurité physique et moral des enfants qui nous sont confiés.
- A la recherche et au renouvellement de situations pédagogiques en vue d’amener tous les élèves qui nous sont confiés à la réussite scolaire
- A l’accompagnement des enfants et de leurs familles dans les difficultés qu’ils traversent et qui pourraient entraver la scolarité de ces enfants
- Au maintien de relations cordiales et efficaces avec les différents partenaires de l’école.

Nous supportons tant bien que mal les attaques politiques fréquentes contre le statut des fonctionnaires, les moqueries relatives aux vacances scolaires du fait de la méconnaissance de la part occupée dans notre travail par la préparation et la correction. Nous travaillons chaque jour avec professionnalisme et respect pour l’institution qu’est l’Education Nationale.

Dès lors nous ne pouvons pas supporter plus longtemps ces insinuations, attaques indirectes, représentations caricaturales et dernièrement avec le clip contre le harcèlement ces quasi-accusations de « laisser-faire » et de complaisance avec les harceleurs émanant de notre ministère.

A la lecture du protocole de traitement des situations de harcèlement dans les écoles, présenté sur le site http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/, il semblerait que nous ayons identifié ci-dessus plusieurs « signaux faibles » qui commencent à faire penser à une situation de harcèlement envers le corps enseignant.

Nous adressons donc un signal d’alerte et exigeons donc d’être traité avec le respect auquel nous avons droit et demandons à ce que notre professionnalisme cesse immédiatement d’être caricaturé, voire insulté.

Mise au point nécessaire

Notre démarche n’est en aucun cas une négation des situations de harcèlement scolaire qui existent malheureusement trop souvent et avec lesquelles nous n’avons pas la moindre complaisance. Nous rappelons notre attachement au service public d’éducation et aux valeurs de la République et sommes tout à fait disposés à poursuivre le travail d’éradication de ce fléau qu’est le harcèlement à l’école, dans la mesure où ce travail s’effectue dans un cadre sain, constructif et non caricatural.

Voir le communiqué du SNUipp-FSU national

 

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