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10 janvier 2016

Laïcité

Motion adoptée par le congrès de la FSU 03 des 6 et 7 janvier 2016

La laïcité n’est ni un supplément d’âme, ni une opinion, c’est une exigence démocratique institutionnelle : que l’Etat soit neutre envers les religions et croyances et garantisse une protection envers les individus contre toute emprise de celles-ci sur leurs consciences, ce qui concerne notamment l’école. En France elle a pris la forme la loi de 1905 : la République assure la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes, et ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun d’entre eux.

Cette loi, conquête sociale et démocratique, n’a jamais été acceptée par toute la société. Dés la guerre de 1914-1918 elle est mise en en cause dans les faits et décision est prise de ne pas l’appliquer à l’Alsace-Moselle, pour ne rien dire des colonies. Attaquée frontalement sous Pétain, elle fut ensuite mise en cause systématiquement notamment par les lois Marie-Baranget, Debré, Guermeur, Rocard, les accords Lang-Cloupet, etc., en ce qui concerne le financement public d’activités ou d’institutions religieuses.

L’offensive actuelle contre la laïcité prend un tour idéologique poussant à la confusion. L’extrême-droite nationaliste et l’extrême droite islamiste, dans leur affrontement officiel, s’accordent pour présenter faussement la laïcité comme un système discriminatoire dirigé avant tout contre une seule religion, qui serait l’islam. Le refus des signes religieux dans l’espace des institutions publiques, pour toute religion, aurait dû découler de la pleine application de la loi de 1905, qui le permet.

Sous couvert du bruit fait par les extrêmes droites nationaliste et islamiste, les gouvernements successifs poursuivent la mise en cause et l’érosion de la laïcité notamment par le moyen des lois successives de décentralisation et de réforme territoriale, qui multiplient les possibilités d’ingérences et de confusions public-privé. Ainsi du statut scolaire d’Alsace-Moselle par le biais de la nouvelle Région et de la fusion des universités. Son aménagement par la suppression du délit de blasphème et l’atténuation du caractère obligatoire de l’enseignement religieux, associé à son éventuelle extension à l’islam sunnite, ne réglera en rien le problème d’égalité des droits qui exige son abrogation.

Parallèlement à ces mises en cause, les gouvernements successifs, notamment les ministères Peillon puis Vallaud-Belkacem, présentent la laïcité comme un ensemble de valeurs morales pouvant faire consensus avec les religions et susceptible de s’enseigner. Oui, il a y a bien sûr des valeurs humaines communes, mais la laïcité n’est pas la morale, elle est la garantie du maintien de ces valeurs, par son caractère institutionnel. Les discriminations sexistes, racistes, antisémites, homophobes ou de tout ordre peuvent être combattues par la laïcité, ce qui exige que son caractère institutionnel soit garanti, voire rétabli. Enseigner la laïcité sans la mettre en œuvre ne conduira qu’à plus de confusions encore.

C’est pourquoi l’action laïque prioritaire aujourd’hui peut et doit consister dans la réactualisation du combat pour l’abrogation des lois antilaïques, anciennes comme la loi Debré, mais aussi récentes comme certaines dispositions de la loi Peillon, et notamment contre les réformes qui organisent l’inégalité d’une école et d’un établissement à un autre et menacent de rendre de plus en plus local le contenu même de l’offre scolaire : la réforme dite des rythmes scolaires et la réforme projetée du collège, la première devant être abrogée et la seconde retirée.

Là se situe le combat laïque contemporain, bien plus que dans des proclamations générales sur le « vivre ensemble ».

 

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