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2 avril 2008

CDEN du 31/03/2008

Déclaration commune de la FSU et de FO

Ce CDEN ne saurait ignorer le contexte politique qui conditionne les mesures de gestion qui lui sont présentées.

Cet automne, le ministre de l’Education nationale annonçait par voie de presse la "libération des samedis matins", formule qui désignait en fait la suppression de deux heures hebdomadaires de cours pour les enfants dans les écoles primaires. Le décret est sorti depuis ; une dizaine de décrets de cet acabit pourrait donc supprimer purement et simplement la totalité des heures de cours ! Cette réduction horaire, combinée à une réforme des programmes que l’ensemble des organisations représentatives et des professionnels critique sévèrement, va à l’encontre de l’aide aux élèves les plus en difficulté qui est par ailleurs présentée comme le souci numéro un du ministère, d’autant plus que les moyens des Réseaux d’aides stagnent ou régressent. Cette aide est désormais de plus en plus conçue sous le mode des heures supplémentaires imposées aux enfants concernés, soit pendant la semaine, puisque la plus grande partie des deux heures supprimées pour tous les élèves devraient leur être consacrées en dehors des cours proprement dits, dans des conditions qui relèvent de l’usine à gaz, soit, et c’est une trouvaille, pendant les vacances. Heures supplémentaires aussi pour les collègues concernés pour cette dernière mesure. C’est une conception concurrentielle et réductrice des missions de l’école primaire qui prévaut de plus en plus.

Dans notre département, les postes dans les écoles primaires et maternelles ne reculent pas, pour la première fois, depuis 25 ans. Faut-il s’en féliciter ? Il n’y a pas de récupération des pertes accumulées et, dans ces conditions, les mesures soumises à ce CDEN consistent en un redéploiement combinant ouvertures ici et fermetures là. Nous sommes en fait dans un fonctionnement à moyen constant, entre deux vagues de suppressions, et dans le cadre du passage de l’aide aux élèves les plus en difficulté par les Réseaux d’aides eux-mêmes de plus en plus en difficulté, aux heures supplémentaires réservés aux punis aprés réduction des horaires de tous. Dans ce cadre, aucune suppression de poste n’est légitime. Les parents qui protestent dans des écoles comme Presles à Cusset ou Georges Sand à Varennes expriment une position entièrement légitime. Nous mettons sérieusement en garde les représentants de l’Etat contre toute tentative d’intimidation ou d’opposition des écoles entre elles.

Dans les collèges, la rupture proclamée au sommet de l’Etat s’exprime par une équation originale : un peu plus d’heures, nettement moins de postes. Passer de 16 242 heures hebdomadaires à 16 411 aprés des années de suppressions nombreuses, en particulier les 35 postes en moins de la rentrée 2006, ne constitue même pas un rattrapage. Il ne s’agit en fait que d’un effet collatéral de l’inflation d’heures supplémentaires décidée par le gouvernement au nom du "travailler plus pour gagner plus" sans doute. Dans l’enseignement, ces heures supplémentaires sont triplement néfastes. Elles contrecarrent les véritables augmentations de salaire nécessaires ne serait-ce que pour pallier la baisse du pouvoir d’achat des personnels. Elles s’opposent aux recrutements nécessaires, donc à l’emploi des jeunes, et visent à colmater partiellement les effets des suppressions de postes et des départs en retraites non remplacés. Enfin, il faut le dire, elles portent atteinte à la qualité du service public car, dans l’enseignement peut-être encore plus que dans d’autres secteurs, le travail supplémentaire est du travail baclé. Cette année la proportion académique d’heures supplémentaires atteint son plus haut niveau historique, représentant 6,6% du total dans l’Allier, avec des pointes dans les collèges Anne de Beaujeu à Moulins, JJ. Soulier à Montluçon, au collège de Gannat ou aux Célestins à Vichy ...

Cette situation se retrouve dans les lycées qui, s’ils ne sont pas statutairement du ressort du CDEN, ne sauraient pour autant échapper à ses préoccupations. Cette année encore de nombreuses suppressions de postes altèrent le fonctionnement des lycées, celui de Presles par exemple cumulant la perte d’une cinquantaine de postes en 4 ans. Dans l’enseignement professionnel et agricole public, la suppression programmée d’une année d’étude pour accéder au Baccalauréat professionnel aura de lourdes conséquences. Cette mesure en effet porte atteinte à la possilité effective de "raccrochage" qui bénéficiait à des dizaines de milliers de jeunes, sortant du collège en perdition, pour lesquels une année de plus n’était pas de trop. Mais chacun aura compris qu’à l’heure où une grande banque peut annoncer la volatilisation de 5 milliards d’euros, cette année là était de trop pour le gouvernement.

L’ensemble de cette politique menace les principes de la fonction publique, les statuts des fonctionnaires et donc les libertés démocratiques. Elle doit en effet être mise en relation avec les discours antilaïques du président pour qui un curé est infiniment supérieur à un instituteur au point de vue moral, et avec la généralisation de procédures de fichage et de comptage des personnes du type Base élève dans les écoles. Nous voudrions attirer tout particulièrement l’attention du CDEN et des élus qui y siègent sur les attaques visant le droit de grève. En janvier, M. le ministre a annoncé qu’il instaurait le "service minimum" dans les écoles en cas de grèves. C’est là une manipulation des mots, car il s’agit en fait de garderie des enfants en cas de grève et non d’un service minimum d’enseignement dont l’instauration serait extrémement grave. Il vaut la peine d’informer le CDEN de cette question, c’est pourquoi nous joignons à cette déclaration ce que nous avions dit en CTPD le 31 janvier dernier.

Pour conclure, il est clair que sous les apparences de dotations qui varient peu dans l’Allier cette année, la barque est en réalité extrémement chargée et la situation des plus instables. Une autre politique est plus que jamais nécessaire, souhaitable, et, ajouterons-nous, souhaitée !

 

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